Plan de sauvegarde

Comment et pourquoi un plan de sauvegarde pour les 2 races régionales?

Un peu d'histoire

Dès les années 1960, les effectifs de chevaux de trait ont fondu avec l'arrivée massive et rapide des tracteurs. Les éleveurs passionnés, pour conserver les races, ont orienté l'élevage vers la production de poulain pour la viande. Bien valorisés à l'époque et toujours soutenus pas les Haras Nationaux, avec des saillies à domicile et bon marché, des primes de participation aux concours d'élevage, les effectifs de chevaux de trait ont réussi à se maintenir tant bien que mal.

La décennie 1990 a vu une relance des utilisations, notamment en attelage. L'arrivée des concours d'utilisation, la naissance des Routes - du Poisson, du Vin et des Écluses, ... - ont ouvert de nouvelles perspectives avec de nouvelles questions : quel type de cheval produire?

Avec le début des années 2000, des évolutions profondes se sont engagées, en particulier avec des réformes successives des Haras Nationaux : arrêt du passage à domicile, fermeture des centres de reproduction, baisse des subventions et nouveaux statuts pour les races - Association Nationale de Race (ANR) avec programme d'élevage, ... Cette période a connu un nouvel effondrement du nombre de naissances : 75 en 2007 pour la race Trait du Nord.

En réaction à cette menace de rapide disparition de la race, des initiatives régionales et locales sont prises. Le Parc Naturel Régional Scarpe-Escaut décide de réorienter son centre équestre de Saint Amand les Eaux en Pôle Cheval Trait du Nord, outil de soutien et de valorisation de la race. Une des mission souhaitée à l'époque par le Syndicat d'élevage du cheval Trait du Nord était de suppléer à l'arrêt de l'étalonnage par les Haras Nationaux. Le Pôle a vite complété cette mission par le formation des hommes et des chevaux, puis par l'expérimentation de chantiers hippomobiles.

Par ailleurs, en 2007, le directeur territorial des Haras Nationaux de la circonscription de Compiègne, Ludovic PACCAUD, et le directeur du Centre Régional de Ressources Génétiques (CRRG), Bernard DELAHAYE, ont lancé un vaste chantier pour structurer et réorienter les aides à la filière et trouver une cohésion. De nombreuses réunions d'échanges avec les ANR (Trait du Nord et Boulonnais) ont permis la rédaction d'un document consistant avec une partie "Bilan" et une partie "Propositions" : Le Plan de Sauvegarde et de Valorisation des chevaux Boulonnais et Trait du Nord (PSV). Les partenaires et les financeurs de la filière ont ainsi été amenés à s'approprier ce document, avec l'idée d'en devenir signataire.

Le Plan de Sauvegarde n°1 (PSV1) - 2011/2014

En 2012, lors du Salon International de l'Agriculture, ce Plan de Sauvegarde a été signés par 11 partenaires. Il répertoriait 42 mesures regroupées en 7 chapitres - PSV 1.

La signature de la Région Nord Pas de Calais a permis d'obtenir des financements sur la base d'une convention pluriannuelle d'objectifs sur la période 2011-2014, puis prolongée à 2015 :

- d'une part, en encourageant la naissance et l'élevage de poulains Trait du Nord au travers du contrat de "Maintien de la Biodiversité"

- d'autre part, en participant à la mise en œuvre du PSV par le soutien accordé au Syndicat d'élevage du cheval Trait du Nord.

En 2015, le bilan de ce premier PSV a été réalisé. Ce dernier a permis d'enrayer la chute du nombre de naissances avec même une augmentation de celles-ci à des périodes différentes pour les Trait du Nord et les Boulonnais.

Pour le Trait du Nord, le pic a été atteint en 2013 avec 125 naissances. Ce nombre s'est ensuite stabilisé entre 90 et 100. Ceci s'explique notamment par le manque de débouchés, mais également par une augmentation des problèmes de fécondité.

Le Plan de Sauvegarde n°2 (PSV2) - 2015-2018

Les acteurs de la filière se sont néanmoins mobilisés pour réécrire un PSV 2 pour la période 2015-2018. Il est plus simple et concentre les actions en 13 mesures regroupées en 3 chapitres. L'accent est mis sur la préparation de chevaux pour le travail et la recherche de débouchés.

Les deux types de financement destinés aux éleveurs (Contrat Maintien de la Biodiversité) et au Syndicat d'élevage sont revisités mais maintenus avec de nouvelles priorités. Le rôle central des Maisons de race est réaffirmé.